conclusion

Un apprentissage réussi de la lecture et de l’orthographe est de façon certaine la résultante de processus mentaux complexes impliquant, ensemble ou isolément, des capacités de segmentation phonémique et de représentation orthographique des mots de la langue. La mise en place de ces habiletés suppose par ailleurs de la part du sujet qu’il puisse développer, à travers l’expérience de plus en plus précise de la structure orthographique de ces mots, des souvenirs d’évocations de nature auditive, visuelle et/ou kinesthésique (graphesthésique). Plus la réactivation de ces souvenirs s’effectuera de façon automatisée, plus la recherche nécessaire de la signification sera rendue possible tant au lecteur qu’au scripteur.

Le drame des sujets dyslexiques se joue en effet à la fois au niveau de la lecture et de l’écriture. Ne parvenant pas à se libérer des exigences instrumentales propres au décodage ou à la transcription fidèle des mots de la langue, leur pensée ne peut s’exprimer avec toute la souplesse que devrait permettre l’usage de l’écrit dans une démarche de réflexion et de mentalisation. Pour que cette barrière ne demeure pas insurmontable, tous les efforts sont requis tant au niveau des chercheurs que des cliniciens pour accéder à une véritable compréhension de ces problématiques et identifier, au cas par cas, les meilleures stratégies qui devraient permettre d’améliorer l’efficience des comportements de lecture aussi bien que d’écriture.


Par Francine Lussier, Ph. D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)