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Sémiologie et classification des dysphasies

Troubles associés à la dysphasie

La dysphasie s’accompagne presque toujours de troubles associés. On note fréquemment un trouble de la perception auditive qui se traduit par des difficultés dans le traitement du signal sonore ; en général, la vitesse de la parole est trop rapide pour que l’enfant puisse bien discriminer chaque mot. L’enfant dysphasique présente aussi un trouble d’abstraction qui rend difficile l’accès aux concepts abstraits ; il a besoin de mots concrets pour exprimer ses idées ou comprendre une situation. Il comprend mieux ce qu’il peut voir ou toucher. Le trouble de généralisation accompagne la dysphasie ; les notions de catégorisation deviennent difficiles (la fleur et la marguerite sont, pour lui, deux entités distinctes) ; dans ce cas, l’enfant se révèle incapable de tirer l’essentiel d’un ensemble d’éléments et de transposer à une situation nouvelle des acquisitions réalisées dans un autre contexte. De façon générale, le trouble à séquentialiser (les séquences de lettres ou de phonèmes dans les mots, les séquences de mots dans la phrase etc.) observé chez l’enfant dysphasique entraîne presque toujours un trouble de la perception du temps ; l’enfant a de la difficulté à organiser la séquence des événements en respectant un ordre chronologique. C’est pourquoi il a souvent plus de difficultés avec les changements d’horaire ; il a besoin d’une routine qui lui permette de mettre des balises dans son environnement. Les concepts de temps (avant, après, demain, hier ) n’existent à peu près pas pour l’enfant dysphasique.

Aux syndromes dysphasiques sont également très souvent associés, à des degrés divers, des difficultés praxiques voire un syndrome dyspraxique qui peut s’exprimer dans les zones oro-faciales et/ou au niveau des membres. Chez les enfants dont l’atteinte réceptive est plus sévère, les erreurs praxiques proviendraient d’une perturbation dans la représentation abstraite de la gestuelle, alors que dans la dysphasie expressive, il s’agirait davantage d’une dyspraxie de construction ou visuo-spatiale. Non seulement la planification motrice nécessaire à la production de la parole peut être atteinte, mais elle peut être généralisée à l’ensemble des gestes nécessaires à l’exécution d’activités exigeant une motricité fine et grossière. L’enfant peut aussi avoir des difficultés de perception spatiale qui le gênent dans l’organisation de son espace et de son temps ou dans la planification de ses activités.

Par Francine Lussier, Ph.D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

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