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Autres déficits accompagnant parfois la dysphasie

Troubles associés à la dysphasie

Problèmes de comportement. C’est surtout à cause du trouble de compréhension et d’adaptation à une nouvelle situation que l’enfant dysphasique peut manifester certains problèmes de comportement. Parfois, il réagit de manière inhabituelle aux divers stimuli de l’environnement ; à cause d’une grande rigidité comportementale, il peut avoir des réactions catastrophiques à un changement d’activité imprévu ou par rapport à un événement inattendu. Quelques enfants dysphasiques sont hyperactifs ou au contraire hypoactifs en réaction à leur entourage. L’enfant dysphasique soutient difficilement son attention ne sachant quelle cible il doit focaliser ou, au contraire, il s’intéresse démesurément à un détail sans importance. Quand le langage est sévèrement affecté, l’enfant peut avoir plus facilement recours aux actes qu’à l’argumentation ou à la négociation verbale dans ses interactions avec ses pairs. Bien que les enfants dysphasiques soient plus à risque de développer des problèmes de comportement, Franc et Gérard (1996) n’ont trouvé que 20 % de troubles psychiatriques dans leur étude longitudinale d’une population d’enfants dysphasiques incluant l’hyperactivité.

Difficultés sociales. Les habiletés de communication sont importantes dans l’établissement et le maintien de relations sociales satisfaisantes. Les enfants ayant un trouble de langage sont donc plus susceptibles de développer des problèmes sociaux engendrés par la marginalisation et l’isolement auxquels leur affection les accule. Selon Craig (1993), leurs relations sociales sont significativement moins fréquentes et moins positives que chez ceux qui n’ont pas de problèmes de langage. De plus, les enfants dysphasiques auraient moins tendance à initier des interactions sociales que les enfants normaux, diminuant ainsi l’opportunité de développer des compétences langagières.

Forces et habiletés de l’enfant dysphasique. L’expérience clinique permet de constater le plus souvent que malgré ses énormes difficultés à se faire comprendre, l’enfant dysphasique manifeste presque toujours un grand désir de communiquer ; il cherche à intervenir par le regard, les mimiques, les gestes. Il est généralement très motivé à apprendre en dépit de toutes les difficultés auxquelles il est confronté ; persévérant et courageux, il met souvent beaucoup d’efforts dans l’exécution d’une tâche et réussit bien celles qui ne requièrent pas de langage ; il a un sens d’observation aiguisé. Autonome dans les activités de la vie quotidienne, c’est aussi un enfant généreux, authentique et surtout attachant.

Par Francine Lussier, Ph.D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

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