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Sémiologie et classification des dyslexies-dysorthographies

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Bien que la dyslexie soit une entité reconnue depuis près de 100 ans, la loi publique des États-Unis reconnaissant le droit du dyslexique à une éducation spécialisée n’a été promulguée qu’en 1978 et la définition acceptée pour ce trouble se fait encore essentiellement par la négative. En effet, pour être identifié comme dyslexique, l’écart relevé entre les réalisations scolaires d’un sujet en lecture et ses potentialités intellectuelles mesurées par une échelle d’intelligence (Q.I.) ne doit être explicable ni par un trouble de perception sensorielle, ni par une scolarisation cahotique, ni par une problématique psycho-affective ou une carence de stimulation socio-culturelle. Quelque soit l’âge de l’élève par ailleurs, celui-ci devrait avoir un écart d’au moins 18 mois à 2 ans entre son âge mental présumé aux tests d’intelligence et l’âge qu’il obtient aux tests de lecture standardisée pour être diagnostiqué comme tel.

Relevons enfin la définition de Debray-Ritzen (1979) à savoir que: «la dyslexie est une difficulté durable d’apprentissage de la lecture et d’acquisition de son automatisme, chez des enfants intelligents, normalement scolarisés, indemnes de troubles sensoriels» (p. 14). Ceci dit, il demeure important de spécifier réellement ce qu’elle est, plutôt que ce qu’elle n’est pas, afin de ne pas qualifier nécessairement de dyslexique tout enfant qui présente plutôt un retard simple dans l’apprentissage de la lecture ou de l’orthographe. L’imprécision du diagnostic peut d’ailleurs certainement expliquer la grande variabilité des taux de prévalence relevés dans la littérature (ce taux en effet peut passer de 4% (Rutter et Yule 1973) à 20% (Shaywitz 1996)).

Pour cerner de plus près la symptomatologie associée à ce trouble, il est bon de repartir des modèles cognitivistes afin d’en analyser les fonctions qu’ils considèrent impliquées dans l’apprentissage de la lecture, ce qui permet de définir également les typologies qui leur correspondent.

Les deux voies que le lecteur doit nécessairement emprunter selon Morton et Patterson avaient reçu l’appellation de «phonologique» et de «lexicale». La classification correspondante des dyslexies parle de dyslexies «dysphonétiques» (atteinte de la voie phonologique essentiellement), «dyséidétiques» (atteinte de la voie lexicale , parfois combinée à des troubles perceptivo-moteurs et visuo-spatiaux) et enfin de dyslexies mixtes (pouvant présenter un certain nombre des caractéristiques des précédentes).

Même si ce modèle a pu être maintes fois repris et nuancé par les chercheurs qui se sont succédés depuis les années 70, la dichotomie phonologique, lexicale apparaît encore essentielle à la compréhension de la dyslexie. Elle repose en effet toujours sur la nécessité de considérer ensemble ou isolément les troubles qui relèvent de la sphère du langage (voie phonologique ) et ceux qui appartiennent à la sphère visuelle ou visuo-spatiale (voie lexicale ). Ces deux domaines seront donc décrits à la lumière des recherches les plus éclairantes en dyslexie développementale.

Par Francine Lussier, Ph.D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

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Ressources

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