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Recherches en neuropsychologie adulte

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Zesiger et de Partz (1994) proposent la représentation schématique suivante pour illustrer les procédures orthophoniques chez l’adulte, selon que ce dernier utilise des stratégies d’adressage ou d’assemblage.

Dans la procédure d’adressage, le mot familier activerait une représentation phonologique d’entrée ainsi que sa signification dans le système sémantique. La transcription orthographique correspondante s’appuierait sur une représentation de nature morphémique, récupérée à travers une «mémoire tampon graphémique», analogue à la «mémoire tampon phonologique» nécessaire notamment à la production orale des mots irréguliers en lecture. Ainsi, une bonne orthographe d’usage requiert la maîtrise de connaissances spécifiques qui dépassent de loin les simples règles de conversion phonèmes graphèmes.

Quant à la procédure d’assemblage en orthographe, elle nécessiterait un recours à la «mémoire tampon phonologique» pour effectuer une segmentation phonologique et sélectionner une correspondance possible graphémique (généralement l’association la plus courante phonème-graphème). Ce serait la voie habituellement utilisée pour écrire sous dictée un mot nouveau ou un nom propre inhabituel. La production écrite, résultant de ces deux procédures, s’effectuerait par l’activation des programmes moteurs correspondants aux aspects spatiaux des lettres et à leur déroulement temporel à l’intérieur des mots. Elle serait largement automatisée.

Dans le cas des adultes cérébro-lésés, des symptomatologies différenciées correspondantes à ces 2 procédures ont pu être identifiées. Les auteurs parlent alors plutôt de « dysgraphies » et on y retrouve des dénominations similaires aux symptomatologies de lecture :

  • Dysgraphies lexicales (ou orthographiques ou encore de surface) résultantes de l’atteinte des procédures d’adressage;
  • Dysgraphies phonologiques , reflétant l’atteinte des procédures d’assemblage.

D’autres formes de dysgraphies ont également été répertoriées, toujours chez l’adulte :

  • Dysgraphies aphasiques (co-occurrence des troubles du langage oral et du langage écrit);
  • Dysgraphies apraxiques (touchant l’acte d’écriture);
  • Dysgraphies spatiales (perturbant les aspects spatiaux de l’écriture, tels l’emplacement des lettres ou des mots sur la ligne ou sur la feuille).

Cependant, bien qu’un certain nombre de cas cliniques aient permis d’identifier des déficits sélectifs (au niveau de la lecture, de l’orthographe, de l’écriture ou de l’épellation), la pratique neuropsychologique amène plutôt à rencontrer chez un même patient des altérations fonctionnelles multiples. De plus, comme pour les troubles acquis de la lecture, Black et Behmann (1994) ont observé une importante variabilité d’un cas à l’autre dans la localisation des lésions cérébrales apparemment responsables des dysorthographies acquises par leurs patients. Les modèles neuro-anatomiques demeureraient donc encore largement peu applicables à la compréhension des mécanismes tant en lecture qu’en écriture.

Par Francine Lussier, Ph.D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

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