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Dyscalculie développementale

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La dyscalculie n’est pas un concept uniforme dans la communauté scientifique, clinique ou scolaire ; on retrouve une grande diversité de termes. Dans le DSM-IV, on retient le terme de trouble du calcul qui requiert trois critères pour son diagnostic : 1) un retard significatif dans les tests standardisés de mathématiques par rapport à l’âge développemental ; 2) ce retard interfère avec la réussite scolaire ; et 3) il ne s’explique pas par un déficit sensoriel; le problème peut donc coexister avec d’autres affections. La CIM 10 distingue les troubles spécifiques de l’arithmétique parmi la catégorie des troubles spécifiques du développement des habiletés scolaires, pour lesquels il existe des critères de recherche précis ; pour que le diagnostic soit posé, la note obtenue au test standardisé de mathématiques doit se situer à plus de 2 écarts-types sous la moyenne et l’enfant doit être exempt de trouble de lecture et de déficience intellectuelle.

Dans la continuité des troubles acquis du calcul observés chez l’adulte cérébro-lésé, les termes dyscalculie ou acalculie seraient plutôt réservés chez l’enfant à l’incapacité d’effectuer des opérations formelles (calcul), d’utiliser et d’intégrer les symboles numériques sans trouble de raisonnement associé. On doit reconnaître toutefois que ces troubles spécifiques isolés sont très rares et d’autres troubles y sont presque toujours associés.

Les recherches sur la prévalence de la dyscalculie sont donc nécessairement influencées par le concept qui la sous-tend et celle-ci varie de 2 à 6% selon les études. Cependant, dans une récente recherche auprès de 3029 enfants, l’équipe israélienne de Gross-Tsur (1996), s’appuyant sur des critères stricts tirés des modèles en neuropsychologie conitive pour poser le diagnostic de dyscalculie (voir ci-après), trouve 6,5% d’enfants dont elle étudie les caractéristiques démographiques et cliniques. Tous les enfants dyscalculiques avaient un quotient intellectuel normal, des symptômes de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) étaient trouvés chez 26% d’entre eux, 17% avaient aussi une dyslexie et la dyscalculie touchait aussi bien les garçons que les filles contrairement à ce que l’on retrouve dans plusieurs désordres développementaux (dyslexie, TDAH, SGT où les garçons sont atteints dans une plus grande proportion.

Par Francine Lussier, Ph.D.
Neuropsychologue
Directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.
Professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

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